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By Danielle Wong
Eyeopener (Ryerson University)

Les négociations en cours entre l’administration et l’Association des étudiants en Architecture (AéA) sont arrivées vendredi dernier un accord qui permet d’espérer la réouverture du Café d’Architecture d’ici deux semaines.

Forcé de cesser ses activités depuis le début du semestre, le Café est présentement ouvert mais aucune nourriture n’y est vendue, par une interdiction de l’admininistration. L’AéA y distribue depuis deux semaines du café gratuit, et espère parvenir éviter que le Café ne devienne une franchise d’une compagnie alimentaire multinationale, comme cela s’est produit au McGill Bookstore et la cafétéria des étudiants en ingénierie en 2003.

Dimanche dernier, Jessica Dan, Présidente de l’AéA, a expliqué en entrevue que depuis quelques semaines, les discussions vont bon train entre l’admininistration et l’AéA: Jim Nicell, qui a remplacé le 1er Vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante) Morton J. Mendelssohn la table de négociation depuis la fermeture du Café, démontre une belle volonté de faire en sorte que la réouverture soit possible. Le président de l’AéUM, Jake Itzkowitz, surenchérit au sujet de Nicell: Il est un négociateur ouvert et a un pouvoir exécutif direct dans le dossier du Café. Dan, enthousiaste, apprécie la tournure des négociations: Comparée l’option d’une fermeture totale, l’option présentement examinée est très raisonnable.

En mai dernier, Dan et Itzkowitz avaient reu un avis écrit de l’administration de l’Université, leur signifi ant la fermeture immédiate du Café d’Architecture. Ce café était le dernier endroit sur le campus opéré par des étudiants et offrant des aliments de qualité prix modique. Cette fermeture venait comme une douche froide puisque aucune consultation ou aucun avertissement de la part de l’administration ne l’avaient précédée; selon Dan, l’argument de l’admininistration était bidon puisqu’il faisait appel des inquiétudes sur la responsabilité de l’Université par rapport des problèmes de permis alimentaires et de santé, alors que le Café n’avait jamais connu aucun problème de ce genre. Nous avons un permis alimentaire en règle du gouvernement du Québec, nos fournisseurs aussi en ont un et nous n’avons jamais eu de problème obtenir ce permis, a poursuivi Dan.

Le contrle sur les opérations, et non un suppposé problème de sanité alimentaire, constitue le coeur du débat actuel entre l’AéA et l’administration. Avant de pouvoir autoriser offi ciellement la réouverture du Café, l’AéA et Nicell doivent rencontrer demain mardi Alan Charade, le Directeur des services auxiliaires, département qui contrle tous les services alimentaires de l’Université, afi n de discuter du vrai problème, celui de l’autorité. Le point de vue de l’AéA est que le Café devrait rester un service étudiant existant dans un cadre universitaire, alors que l’admininistration veut que le Café devienne un service corporatif dirigé par McGill dans le contexte du Département d’Architecture, a expliqué Dan, résumant la situation.

Les nouvelles conditions nécessaires la réouverture du Café pourraient donc inclure le transfert de ses fi nances au service de comptabilité de McGill, la tenue de rénovations et l’achat d’équipement sous la supervision de McGill ainsi qu’un nouveau régime pour encadrer la perception des taxes de vente. Les aliments vendus et leur prix, tout comme les fournisseurs, locaux et indépendants, devraient demeurer les mmes. Charade avait présidé en 2003 la fermeture de la cafétéria d’ingénierie sans discussion préalabe avec les étudiants, et avait alors déclaré que sa décision de remettre le service alimentaire entre les mains d’une franchise était non négociable.

Peur et réputation

Autant Dan qu’Itzkowitz s’entendent pour expliquer le soudain changement de position de l’administration comme une réaction cherchant défendre l’image de l’Université. Dan admet que McGill est avant tout préoccupée par sa réputation, et en fi n de compte c’est ce qui nous a aidé, bien que ce soit sans doute aussi une des raisons principales pour lesquelles l’Université tenait fermer le Café. Itzkowitz poursuit en insistant sur la peur que l’admininistration aurait soudainement éprouvée en constatant que la presse montréalaise et nationale désirait se saisir du dossier: Le 28 aot, lors de la journée Discover McGill, je me suis entretenu avec [la principale de McGill] Heather Munroe-Blum au sujet du Café d’Architecture. Je lui ai signifi é la gravité de la critique médiatique qui pourrait se concentrer sur l’Université et examiner la validité des raisons que l’administration avait alléguées lors de la fermeture . Depuis, The Gazette, quotidien montréalais, The McGill Tribune et The McGill Daily, ainsi que la revue Canadian Architecture ont critiqué la fermeture en la qualifi ant d’abrupte et d’injustifi ée. Dan a insisté: [Le fait] que la principale soit mise au courant nous a beaucoup aidé, car cela a forcé l’administration revoir ses priorités. Avant que l’admininistration recule devant la pression médiatique, le Vice-principal exécutif de McGill, Anthony C. Masi, aurait déclaré Itzkowitz: Je ne comprends pas pourquoi les étudiants font tout un plat de cette histoire de Café; c’est une perte de temps pour eux et pour nous.

La priorité du légal

La fermeture avortée du Café d’Architecture s’inscrit dans une mouvance qui affecte toutes les associations étudiantes de l’Université. Selon Itzkowitz, elle ne constituait donc pas une suprise complète puisque depuis quelques années, Mendelssohn menait une campagne pour récolter des Memorandum of Agreement (MoA) avec les plus grandes associations étudiantes de l’Université, afi n de limiter leur utilisation du nom McGill et leur contrle sur l’utilisation des btiments du campus. Les associations étudiantes sans MoA se voient depuis septembre refuser l’accès la part des frais étudiants qu’ils reoivent chaque semestre par l’entremise de McGill, une somme qui constitue souvent la totalité de leur budget.

L’AéA n’a pas signé de MoA avec McGill parce que cela signifi ait s’intégrer celui de l’Association des étudiants en Ingénierie, qui n’a pas la permission d’opérer un café étudiant. La pratique de l’admininistration, jusqu’ présent, a été de forcer les plus petites associations telles que l’AéA s’annexer de plus grandes organisations pour obtenir un statut légal, plutt que de négocier séparément avec elles. ce sujet, Dan a ajouté que des rumeurs ayant couru dans le McGill Tribune du 5 septembre concernant la fusion possible entre l’AéA et l’Association des étudiants en Ingénierie suggéraient que ce débat était central dans les discussions entre l’AéA et l’admininistration au sujet de la réouverture du Café. Pourtant, pour l’instant, les négociations pour un éventuel MoA sont mises de cté afi n de pouvoir rouvrir le Café le plus tt possible, mais il faudra arriver éventuellement un compromis avec l’administration sur ce sujet.

La voix étudiante

Le GRASP, Grass-Roots Association for Student Power, organise jeudi, le 20 septembre prochain, une manifestation devant le btiment MacDonald- Harrington afin de protester contre la fermeture du Café. Dan et Itzkowitz disent ne pas soutenir cet évènement; Itzkowitz explique que les manifestations ne font que détruire la relation entre les associations étudiantes et l’administration; l’entente que nous avons réussie négocier pour le Café démontre que s’asseoir une table de discussion est la seule faon de procéder. Selon Cleve Higgins, membre actif du GRASP, cette démarche est pourtant justifiée, car en tant qu’utilisateurs du Café, les étudiants ont le droit de demander sa réouverture et notre seul et meilleur moyen d’expression demeure la manifestation publique. Nous la conevons comme un complément aux démarches de négociation de l’AéA et non comme une alternative celleci . Cependant, la lumière des nouvelles positives découlant de la dernière réunion entre l’administration et l’AéA, le GRASP se réunira demain mardi pour décider s’il souhaite annuler la manifestation prévue pour jeudi.

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